Projet éducatif
septembre 2, 2008 at 4:37 | In Ma mission | 2 Comments
Enfants du Mékong, c’est l’ONG française avec qui nous avons engagé un partenariat depuis mars de cette année. Le principe : un parrain en France sponsorise grâce à des dons mensuels la scolarité d’un enfant défavorisé en Asie (EDM est présent dans la plupart des pays d’Asie du Sud-Est). En échange, l’enfant promet de faire de son mieux pour réussir dans ses études, et une relation enfant-parrain s’établit aussi progressivement via l’échange régulier de lettres qui permet au parrain de mieux se rendre compte de la situation de son filleul, et pour le filleul de s’ouvrir au monde et à d’autres réalités.
Sur le terrain, l’ONG s’organise en programmes qui comptent chacun un responsable local, l’ensemble des programmes d’une même région étant coordonné par un volontaire EDM (pour Mindanao, basé à Butuan – 6h de route d’Iligan) qui s’engage pour une durée d’un ou deux ans. Dans notre cas, le programme est situé à Digkilaan et compte pour l’instant une quinzaine d’enfants et autant de parrains français. La majeure partie est encore en école primaire, mais nous avons 4 lycéennes et 2 universitaires, tous venant de familles très pauvres, mais motivés par l’école. Le responsable de programme est le père Henri, mais dans les tâches quotidiennes c’est moi qui m’en occupe principalement.
Concrètement, je suis chargé de gérer l’argent envoyé par les parrains via EDM, et d’animer le groupe d’enfants : achats des fournitures scolaires et uniformes, paiement des frais de scolarité et des projets divers directement aux écoles, suivi de la scolarité et de la bonne santé et motivation des enfants, suivi des échanges de courrier et parfois traduction en français/anglais des lettres, animation des réunions mensuelles, organisation de cours de soutien (nous avons notamment lancé un cours d’été annuel pour les aider à se perfectionner pendant les vacances), organisation de sortie (dernièrement on a pu organiser une sortie à la piscine de Timuga, grâce à la générosité d’un de nos parrains).
Si quelqu’un est intéressé pour parrainer un enfant, ou bien participer d’une façon ou d’une autre au programme (dons ponctuels pour le programme, dons de livres en anglais ou de matériel éducatif, etc), n’hésitez pas à me contacter, ou bien directement Enfants du Mékong (http://www.enfantsdumekong.com), en mentionnant le numéro de programme pour Digkilaan (20-90). Merci !!
Qui a dit “Joe” ?
septembre 2, 2008 at 4:00 | In Culture, Quotidien | Leave a CommentAux Philippines, principalement dans les provinces, les étrangers qui ne sont pas de type asiatique (donc les « noirs » et les « blancs ») sont forcément « americano ». Pas moyen d’y échapper. Ainsi le père Henri est un « black american » bien sûr, et moi un americano tout court. Quand je leur explique que je viens de France, je deviens dans leur esprit un « americano taga Francia » (un américain de France). Au fait la France, c’est à côté de la Floride ou bien de Los Angeles ? Quoi, tu n’es pas américain ? Dili oy !!! On voit bien que tu es américain, arrête de nous raconter des histoires ! … et c’est là qu’on comprend petit à petit que le terme « americano » pour eux signifie en fait « occidental »…
Ce qui est facile avec ces américains-là, c’est qu’ils s’appellent tous Joe. « Hey Joe, what’s your name ? », « Hey Joe, give me money », « Hey Joe, where are you going ? » sont des questions ultra-quotidiennes adressées à tout étranger aux Philippines. La plupart du temps, ceux qui lâchent ces petites phrases gentilles se cachent derrière leur « ulaw » (timidité) et attendent donc que je sois passé pour la lancer derrière mon dos. Ce qui est encore plus agaçant. Dur d’être pris pour qui on n’est pas, et de se faire harceler à chaque sortie en ville, même si de leur côté l’intention est rarement mauvaise, mais plutôt motivée par la curiosité et étayée par l’ignorance… Parfois néanmoins, quand la situation s’y prête, une conversation peut s’engager…
Kinsa si Joe ? Ualay Joe diri. Ako si Mathieu, Mateo sa bisaya. Dili Joe. Taga Francia ako. Kasabot ka ? Ikaw, unsa imong ngalan ? Pila imong edad ? (Qui est Joe ? Il n’y a pas de Joe ici. Moi c’est Mathieu, Mateo en bisaya. Pas Joe. Je viens de France. Tu comprends ? Et toi, tu t’appelles comment ? Tu as quel âge ?)
Et c’est là que parfois un miracle arrive : le gamin tout heureux d’avoir attiré l’attention donne son nom, retient le mien, et la fois suivante, au lieu du « Hey Joe » lancé à la sauvette, c’est un grand sourire et un « Hey Mateo !!». Et à ce moment-là l’émotion me submerge et j’en ai les larmes aux yeux : j’existe enfin.
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