Continuité
septembre 2, 2009 at 3:08 | In 1 | Leave a CommentDepuis avril dernier, un nouveau volontaire a repris le flambeau de la mission à Iligan : Jean-Baptiste, ingénieur agri, dont vous pouvez suivre les aventures à l’adresse suivante : http://projet.philippines.free.fr/
Douce France
janvier 14, 2009 at 4:53 | In Ma mission | 1 CommentEh voilà, le moment tant redouté et tant attendu est arrivé : je suis bien définitivement de retour en France, depuis Noël. Dans les températures négatives et la neige…
Mais je n’oublierai jamais ces deux années exaltantes à l’autre bout du monde. Et j’y retournerai, c’est promis
Un grand merci à tous ceux qui m’ont suivi pendant ces deux années via le blog et les photos, et à tous ceux aux Philippines qui ont fait de ce temps de coopération un moment marquant de ma vie. Et j’invite ceux qui n’ont pas encore été faire un tour de ce côté du monde à partir : ça en vaut la peine !
Bambous
novembre 24, 2008 at 5:30 | In Ma mission | Leave a CommentPour vous donner une idée de la vie d’un bambou (volontaire “Enfants du Mékong”) aux Philippines, voici les blogs de nos deux nouveaux bambous de Butuan, Marion et David. Marion est la coordinatrice des 15 programmes EDM de Mindanao : elle va de programme en programme (donc chez nous à Iligan de temps en temps) pour vérifier si tout va bien, visiter les familles des enfants, vérifier la compta, etc. David lui est responsable du foyer d’étudiants et du programme de Butuan.
http://marionvietnam.over-blog.com/
http://davidpetit123.canalblog.com/
Et voici le blog d’Enfants du Mékong :
Propagande
novembre 15, 2008 at 4:38 | In Divers | Leave a CommentEn allant à Cagayan l’autre jour, j’ai pris le bus climatisé. En prenant ce type de bus, on a l’avantage d’être mieux assis, d’aller plus vite, et surtout on peut passer le temps en regardant un film. D’habitude le répertoire oscille entre des navets américains ultra violents et des productions asiatiques du même acabit, mêlant sexe, arts martiaux et hémoglobine. Je suis toujours impressionné de voir que tout les passagers suivent impassiblement les meurtres et viols sur petit écran, y compris les mères avec jeunes enfants. Parfois (mais rarement), on peut se détendre un peu avec du Jackie Chan qui est souvent un peu plus “tout public”… Cette fois-ci c’est le classique film de guerre, mais qui a l’air plutôt bien fait, et je finis par suivre distraitement le fil de l’histoire. Jusqu’à ce que je sursaute à l’évocation de “Mindanao”. Je deviens plus attentif, pour finalement comprendre que la guerre en question est celle que nous vivons ici-même !! Enfin avec juste quelques “ajustements”… Toute l’histoire traite de l’action “libératrice” de l’armée américaine dans l’ouest de Mindanao (avec de beaux soldats héroïques bien sûr), pour contrer Al-Qaida représentée par les terroristes musulmans du MILF qui ont des laboratoires d’armes chimiques, détournent des avions, et font bien sûr preuve de la cruauté la plus abjecte etc etc. Le souci du détail est tel que les locaux dans le film parlent tagalog, les habitations sont des vraies “nipa hut”, on s’y croirait !! Seul problème : c’est une fiction, qui schématise à l’extrême une situation qui est dans la réalité cent fois plus complexe, et qui fait passer un message fort aux très nombreux usagers de la ligne de bus Iligan-Cagayan, qui s’apparente terriblement à une action bien réfléchie de propagande de la part des USA. Plutôt choquant. Et après, les gens parlent de paix et de dialogue… drôle de façon de faire.
Biba Senyor San Miguel !*
septembre 30, 2008 at 5:38 | In Culture, Religion | Leave a CommentDepuis quelques jours, et tout particulièrement hier 29 septembre, fête du saint patron d’Iligan : San Miguel, toute la ville a été prise d’une frénésie de banquets, soirées, retrouvailles, concerts et célébrations. J’ai livré 4 cochons samedi matin en prévision des agapes du lundi : on ne comptait plus les cochons qui voyageaient en ville, vivants, morts, rôtis… un vrai massacre ! Et les abattoirs n’arrivent pas à suivre la cadence : mon acheteur (un boucher d’Iligan) se plaignait de l’arrivée tardive de la viande le matin… mais comme tout le monde (comme d’habitude) s’y prend au dernier moment, ça n’aide pas.
Enfin ça n’a pas empêché la fête d’être aussi réussie que l’année dernière. Et ce ne sont pas les derniers événements et les menaces de bombes qui ont réduit l’affluence aux processions, danses de rue et messes solennelle. Rien n’est venu troubler les réjouissances. Pas même la pluie, car comme chaque année, San Miguel aura empêché toute goutte de tomber le jour de sa fête ! Soleil radieux donc, et ambiance très détendue. Comme le veut la tradition, on mange chez les amis, en passant de maison en maison : gare à l’indigestion !! Et quand, comme les spiritains, on a beaucoup d’amis, c’est un vrai marathon…
Demain, c’est la clôture du Ramadan, donc on s’attend également à de nombreuses festivités. Du coup pour toute la ville c’est vacances du dimanche au mercredi ! Certains parlent aussi des reprises des combats et de la “guerre sainte” du MILF, mais on n’y croit pas trop. En tous cas pas à Iligan, car San Miguel, le pourfendeur de tous nos démons, patron des musulmans comme des chrétiens, symbole de l’unité d’une cité multi-religieuse, veille sur sa ville.
* non, ce n’est pas du très mauvais espagnol, c’est juste du bisaya
Les Philippines en images
septembre 24, 2008 at 5:32 | In Culture, Divers, Gastronomie, Géographie, Ma mission, Quotidien, Religion, Tourisme | 1 CommentVoici un diaporama powerpoint (en anglais, 8 Mo) réalisé initialement pour préparer la venue d’un groupe de jeunes hollandais à Iligan. Un aperçu en images du pays, puis Iligan, Digkilaan, et les projets des spiritains.
Quel modèle de développement pour les zones rurales de montagne aux Philippines ?
septembre 15, 2008 at 6:00 | In Ma mission | 2 CommentsLes Philippines sont un pays bourré de contrastes, à tous les niveaux. A Manille les gratte-ciels côtoient les bidonvilles, du yacht club on peut voir les pauvres qui se baignent dans les détritus de la baie. A Mindanao les immenses exploitations intensives d’ananas ou de bananes côtoient de la même façon des fermettes de moins d’un hectare de cultures vivrières. Le centre international de recherche sur le riz (IRRI) se trouve aux Philippines, mais ce pays n’arrive plus à produire suffisamment pour nourrir sa population et est un des premiers importateurs mondiaux de riz. La réponse de beaucoup d’ONG et des Eglises face au développement parfois incontrôlé de certaines grosses compagnies agricoles (on parle de problèmes de pollution, de santé des riverains, etc) est de pousser les petits agriculteurs vers une agriculture 100% biologique qui à mon sens relève plus souvent du mythe idéologique que du réalisme économique et environnemental. En l’absence de politique agricole cohérente du gouvernement, ce sont pourtant les (nombreuses) ONG et organisations d’Eglise qui peuvent prendre le relais auprès des populations locales. Mais quel modèle adopter ? Quelles solutions de développement seraient les plus adéquates pour sortir de la pauvreté les agriculteurs philippins défavorisés ? Et la question sous-jacente, qui devrait être posée en premier : quel standard de vie doit-on s’efforcer d’atteindre ?
Etat des lieux
L’agriculteur “moyen” des montagnes de Mindanao, comme ceux que je les côtoie à Digkilaan (Bobby, Jimmy…) a fini l’école primaire, rarement le lycée, jamais l’éducation supérieure. Il est métayer d’une ferme de 1 ou 2 ha, sur un mauvais terrain en pente, non mécanisable, érodé, à plus d’une heure de moto de la ville. Il habite avec sa femme et ses 6 enfants dans une hutte de nipa (palme) d’environ 20
m², qu’il a construit lui-même et avec l’aide de la communauté. Il cultive un peu de maïs pour manger et vend parfois l’excédent, récolte ses quelques bananiers et cocotiers plantés de façon un peu anarchique (une partie de la récolte sera vendue au profit du propriétaire du terrain qui habite en ville). Sa femme entretient un petit jardin autour de la maison avec quelques légumes. Il emprunte à son voisin ou parfois possède lui-même un carabaw (buffle d’eau) pour le labour, quelques poulets mi-sauvages qui gambadent autour et dans la maison se nourrissant tout seuls, et un cochon à qui il laisse les détritus, un peu de bananes et de maïs, et qu’il tuera à l’occasion de la fête patronale de la chapelle du lieu-dit auquel il appartient. Une vie très simple et sans prétention. Même s’il envie les americanos de passage (moi par exemple) ou les voisins plus riches, il n’a pas forcément la volonté de changer de mode de vie, et est très fataliste et résigné. Sa vision est à court terme, et il n’approuve les projets de développement que s’il peut en retirer un bénéfice immédiat.
Première alternative : modernisation ?
A première vue, même s’il a peu de terrain, sa façon de gérer la ferme n’est certainement pas la plus scientifique et la mieux optimisée. Pourquoi ne pas l’aider à développer des techniques modernes d’agriculture, calquées sur un type d’exploitation de plus grande taille, en plaine. C’est parfois l’option prise par les organismes gouvernementaux, qui distribuent ainsi maladroitement des semences de maïs hybrides sans y associer de formation. Résultat : des résultats médiocres par manque de savoir-faire et de financement pour les engrais, voire catastrophiques s’il réutilise les semences. S’il s’endette pour acheter des engrais, ceux-ci ne permettront pas une amélioration conséquente du rendement du fait d’un travail de la terre inadapté, du lessivage, etc. et ne fait qu’accentuer la pauvreté du fermier qui doit rembourser l’argent emprunté à un taux prohibitif. Apprendre à un fermier de montagne à cultiver du maïs hybride est comme rouler en ferrari sur une piste caillouteuse. Si je me permets de comparer avec la situation en France, je me rends compte qu’une micro-fermette de polyculture-élevage, même en plaine, ne fait vivre une famille que si l’agriculteur se spécialise dans des produits à haute valeur ajoutée, comme par exemple la vigne ou les légumes, ou bien une production animale hors-sol (cochons). Et encore, il faut de bonnes conditions de terrain (cas du maraîchage), souvent de lourds investissements (cochons) et une vraie expertise dans tous les cas. Quand on n’a à sa disposition qu’un petit terrain de mauvaise qualité, on peut se nourrir mais on ne peut pas se développer. C’est une des raisons de l’exode rural… qui permet finalement à des micro-fermes de se regrouper et de se développer dans des productions extensives qui ici pourraient se traduire par la combinaison bananiers-cocotiers-têtes de bétail.
Deuxième alternative : du bio raisonnable
On se résigne d’une certaine façon en rêvant raisonnable : sans chercher de grandes transformations sociales, l’effort va se porter sur le perfectionnement de son modèle d’agriculture de subsistance, en le mettant à l’abri de la faim grâce à une agriculture « biologique » qui mette en œuvre des techniques locales et non coûteuses (à part en temps de travail). Il s’agit par exemple de méthodes de compostage, de récupération des effluents animaux pour la fertilisation des cultures, etc. L’objectif étant dorénavant clairement tourné vers l’autoconsommation et non la vente. Bilan : une micro-exploitation qui nourrit sa famille correctement, mais ne lui permet toujours pas d’assurer les dépenses de santé et d’éducation. Pas de solution miracle donc, mais c’est peut-être le moins pire dans le contexte décrit plus haut. Là où parfois certaines ONG se fourvoient à mon sens, c’est qu’elles rêvent d’un modèle de ce genre étendu au pays tout entier voire même à l’ensemble de la planète. L’argumentaire étant basé sur les habituelles données alarmistes et partisanes sur l’agriculture « chimique » et intensive, sensée détruire la santé et perturber l’équilibre de la création (qui est pourtant profondément perturbé depuis plus de 10 000 ans que l’homme a inventé l’agriculture…) Pour moi, chaque modèle agricole doit être réfléchi en fonction du contexte environnemental, économique et social, et j’ai tendance à me méfier des extrêmes…
Troisième alternative : éducation des enfants
Au lieu de lui imposer un modèle de développement, on force le destin et l’ascenseur social en permettant à un de ses enfants, le plus doué et motivé, de poursuivre les études de son choix jusqu’à un diplôme universitaire. Le bilan espéré est que cet enfant, par son éducation, puisse choisir son mode de vie et non le subir, et peut-être à long terme permette d’entraîner sa famille dans la prise de conscience. C’est l’option prise par les projets éducatifs comme « Enfants du Mékong » (voir précédent post). Le résultat est définitivement à long terme, mais on sait que tout ce qu’on construit grâce à l’éducation sera utile un jour d’une façon ou d’une autre.
Conclusion : une aide adaptée à chacun
Bien sûr, il existe aussi d’autres types d’agriculteurs que celui que j’ai présenté : ceux qui, avec 4 ou 5ha de bonnes terres planes, font figure de « notables », ont quelques têtes de bétail, une télé et un frigo, et arrivent à envoyer leurs enfants à l’université au prix de lourds sacrifices. Ce ne sont pas les plus nombreux,
mais ce sont ceux-là, à mon avis, qui ont les moyens techniques et intellectuels pour moderniser réellement leurs exploitations, et pourront par conséquent être les fers de lance d’un développement raisonné, ni ultra-intensif ni ultra-bio, mais plutôt selon la formule de Michel Griffon (chercheur au CIRAD) : une agriculture écologiquement intensive. En d’autres termes, une agriculture tout simplement durable dans tous ses aspects, autant au niveau économique qu’écologique et social. Et cela passe par des solutions au cas par cas, privilégiant les ressources locales mais sans diaboliser les intrants « chimiques » le cas échéant. C’est cette « troisième voie » que nous aimerions développer sur notre ferme pilote dans les montagnes. Je suis de plus en plus convaincu que c’est ce dernier type d’agriculteurs, réceptif aux innovations et capables de s’aider eux-mêmes, qu’il faut aider en priorité au niveau des techniques agricoles, qu’elles soient conventionnelles ou bio, et éventuellement des financements (micro-crédits) : à eux de créer leur propre système avec intelligence en fonction des caractéristiques propres de leur exploitation.
Projet éducatif
septembre 2, 2008 at 4:37 | In Ma mission | 2 Comments
Enfants du Mékong, c’est l’ONG française avec qui nous avons engagé un partenariat depuis mars de cette année. Le principe : un parrain en France sponsorise grâce à des dons mensuels la scolarité d’un enfant défavorisé en Asie (EDM est présent dans la plupart des pays d’Asie du Sud-Est). En échange, l’enfant promet de faire de son mieux pour réussir dans ses études, et une relation enfant-parrain s’établit aussi progressivement via l’échange régulier de lettres qui permet au parrain de mieux se rendre compte de la situation de son filleul, et pour le filleul de s’ouvrir au monde et à d’autres réalités.
Sur le terrain, l’ONG s’organise en programmes qui comptent chacun un responsable local, l’ensemble des programmes d’une même région étant coordonné par un volontaire EDM (pour Mindanao, basé à Butuan – 6h de route d’Iligan) qui s’engage pour une durée d’un ou deux ans. Dans notre cas, le programme est situé à Digkilaan et compte pour l’instant une quinzaine d’enfants et autant de parrains français. La majeure partie est encore en école primaire, mais nous avons 4 lycéennes et 2 universitaires, tous venant de familles très pauvres, mais motivés par l’école. Le responsable de programme est le père Henri, mais dans les tâches quotidiennes c’est moi qui m’en occupe principalement.
Concrètement, je suis chargé de gérer l’argent envoyé par les parrains via EDM, et d’animer le groupe d’enfants : achats des fournitures scolaires et uniformes, paiement des frais de scolarité et des projets divers directement aux écoles, suivi de la scolarité et de la bonne santé et motivation des enfants, suivi des échanges de courrier et parfois traduction en français/anglais des lettres, animation des réunions mensuelles, organisation de cours de soutien (nous avons notamment lancé un cours d’été annuel pour les aider à se perfectionner pendant les vacances), organisation de sortie (dernièrement on a pu organiser une sortie à la piscine de Timuga, grâce à la générosité d’un de nos parrains).
Si quelqu’un est intéressé pour parrainer un enfant, ou bien participer d’une façon ou d’une autre au programme (dons ponctuels pour le programme, dons de livres en anglais ou de matériel éducatif, etc), n’hésitez pas à me contacter, ou bien directement Enfants du Mékong (http://www.enfantsdumekong.com), en mentionnant le numéro de programme pour Digkilaan (20-90). Merci !!
Qui a dit “Joe” ?
septembre 2, 2008 at 4:00 | In Culture, Quotidien | Leave a CommentAux Philippines, principalement dans les provinces, les étrangers qui ne sont pas de type asiatique (donc les « noirs » et les « blancs ») sont forcément « americano ». Pas moyen d’y échapper. Ainsi le père Henri est un « black american » bien sûr, et moi un americano tout court. Quand je leur explique que je viens de France, je deviens dans leur esprit un « americano taga Francia » (un américain de France). Au fait la France, c’est à côté de la Floride ou bien de Los Angeles ? Quoi, tu n’es pas américain ? Dili oy !!! On voit bien que tu es américain, arrête de nous raconter des histoires ! … et c’est là qu’on comprend petit à petit que le terme « americano » pour eux signifie en fait « occidental »…
Ce qui est facile avec ces américains-là, c’est qu’ils s’appellent tous Joe. « Hey Joe, what’s your name ? », « Hey Joe, give me money », « Hey Joe, where are you going ? » sont des questions ultra-quotidiennes adressées à tout étranger aux Philippines. La plupart du temps, ceux qui lâchent ces petites phrases gentilles se cachent derrière leur « ulaw » (timidité) et attendent donc que je sois passé pour la lancer derrière mon dos. Ce qui est encore plus agaçant. Dur d’être pris pour qui on n’est pas, et de se faire harceler à chaque sortie en ville, même si de leur côté l’intention est rarement mauvaise, mais plutôt motivée par la curiosité et étayée par l’ignorance… Parfois néanmoins, quand la situation s’y prête, une conversation peut s’engager…
Kinsa si Joe ? Ualay Joe diri. Ako si Mathieu, Mateo sa bisaya. Dili Joe. Taga Francia ako. Kasabot ka ? Ikaw, unsa imong ngalan ? Pila imong edad ? (Qui est Joe ? Il n’y a pas de Joe ici. Moi c’est Mathieu, Mateo en bisaya. Pas Joe. Je viens de France. Tu comprends ? Et toi, tu t’appelles comment ? Tu as quel âge ?)
Et c’est là que parfois un miracle arrive : le gamin tout heureux d’avoir attiré l’attention donne son nom, retient le mien, et la fois suivante, au lieu du « Hey Joe » lancé à la sauvette, c’est un grand sourire et un « Hey Mateo !!». Et à ce moment-là l’émotion me submerge et j’en ai les larmes aux yeux : j’existe enfin.
Justice et Paix
août 19, 2008 at 3:58 | In Quotidien | Leave a CommentL’Ouest de Mindanao est sous tension actuellement, toujours du fait de la rebellion islamique. Une affaire compliquée aux intervenants multiples, faite d’actes de terrorisme, de négociations plus ou moins réussies, d’interventions musclées et de questions d’argent… au final on ne sait plus bien qui fait quoi et ce qui profite à qui.
Concrètement, des combats sporadiques à l’ouest d’Iligan, une petite bombe explosée dans un hôtel et des réfugiés qui arrivaient en ville hier, venant des zones plus reculées. 16 morts dans le Lanao del Norte d’après l’AFP. Et une intervention très forte de la présidente à la télé hier. Mais dans l’ensemble, toujours plus de peur que de mal, et la ville d’Iligan reste calme avec une population qui vaque normalement à ses occupations.
Ce qui est plus inquiétant, c’est le climat de peur et de méfiance qui s’instaure petit à petit, avec les sms diffusant de fausses informations et incitant à la panique ou à la haine interreligieuse. Et vu le niveau de désinformation des populations et le côté très émotionnel des réactions des gens, on se demande jusqu’où tout cela peut aller. Affaire à suivre.
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